Les lycées de Provence Formation

Toubacouta, un carnet de voyage

Sénégal : Réhabilitation d’une maternité

Projet avec le Sénégal à Toubacouta : Réhabilitation d’une maternité
Avec LP St Henri et LPPT Caucadis sponsorisés par EIFFAGE Travaux Publics Méditerranée.
Edmond Rostand sera en charge de l’élaboration et la réalisation des plaquettes de communication : plaquettes PE/ASSP techniques soins d’hygiène et de confort aux enfants et aux mères.

Un récit de voyage signé Fatma Saadallah et Hadidja Mdere (T ASSP1)

 

CARNET DE BORD : VOYAGE TOUBACOUTA

 

Mardi 3 Avril 2018

C’est le jour du départ. On s’est tous retrouvés à l’aéroport avec le reste de l’équipe : les professeurs et les lycéens des autres établissements.

On a attendu un assez long moment à l’aéroport avant de pouvoir embarquer.

Nous sommes arrivés à Casablanca, au Maroc, dans la soirée.

Le deuxième vol a été très compliqué. Il y avait beaucoup de temps d’attente avant d’embarquer. Nous avons embarqué vers 23h et nous sommes arrivés à Dakar à 2h du matin. Etre debout et la chaleur nous a un peu fatigués mais c’était sans compter sur notre sociabilité. En effet, on a commencé à papoter avec les lycéens.

À Dakar, en arrivant nous avions directement pris un mini bus pour se déplacer vers l’hôtel. Le bus n’était pas très confortable mais ce n’est pas grave. C’était la première fois que l’on voyait un bus aussi usagé. Il semblait sortir tout droit des années 60 ! Nous sommes arrivés au bout d’une heure de trajet…

L’hôtel était sympathique. On avait des préjugés qui se sont avérés faux. Comme quoi, il ne faut pas préjuger avant d’avoir vu… Les professeurs sont partis se coucher et nous, nous étions trop excités pour dormir. Donc nous sommes restés éveiller pour discuter et jouer aux cartes. Jouer au « mytho » avec des gens que tu ne connaissais pas la veille est très drôle. Fatma a eu l’occasion de souffler sa bougie pour ses 20 ans. Étant donné que nous n’avions pas de bougies à disposition, le seul moyen que nous avons trouvé c’était d’allumer la bougie anti moustiques. C’était très amusant. Mais nous sommes restés sur notre faim.

Mais le plus dur restait à venir : un périple de 6h en bus dans quelques heures !!!!!

 

Mercredi 4 Avril 2018

 

C’est l’anniversaire de Fatma. Nous n’avions pas dormi de la nuit. On s’est préparé et on a proposé à la femme du propriétaire de l’hôtel de mettre la table pour le petit-déjeuner, qui a accepté avec plaisir.

Le départ pour le village de Toubacouta était prévu pour 11h. 

Nous en avons profité pour visiter la plage et la ville de Dakar avant de prendre la route.

La route était longue, très longue. Nous étions dans une situation inconfortable. Le minibus n’était vraiment pas très grand et il faisait extrêmement chaud. On était serré, en transpiration et on commençait à perdre patience.

Arrivés à Toubacouta, nous avons été très bien accueillis par Annie, André (les responsables de l’association) et les villageois. Nous avons ensuite découvert l’hôtel. Nous étions vraiment étonnés car on ne s’attendait pas à une chambre aussi luxueuse (un lit, une moustiquaire, 2 ventilateurs et une salle de bain avec de l’eau douce grâce au nouveau système mis en place).

Les villageois nous ont ensuite proposés de participer à la fête nationale du village. Djibril, notre guide, nous a emmené en pick-up. C’était vraiment très rigolo. La fête célébrait l’indépendance du pays (58ème anniversaire). Il y avait beaucoup d’ambiance. Les filles du village nous ont invités à danser avec elles.

Après la soirée, nous sommes rentrés à l’hôtel pour nous reposer. Après le repas, on en a profité pour organiser une surprise à Fatma et nous lui avons offert des cadeaux. Fatma était vraiment « choquée », traduction : surprise.

 

Jeudi 5 Avril 2018

 

Après notre petit-déjeuner, nous avons visité le village en commençant par la maternité et le poste de santé. Nous avons fait le tour du village. Il faisait très chaud. On était vraiment en Afrique.

L’après-midi, nous avons fait un plongeon bien rafraichissant à la piscine.

En début de soirée, nous avons rencontré le vice-président du village (personne très importante, respecté par les villageois). Une tenue correcte a été exigée et les retards n’étaient pas acceptés. Nous lui avons présenté les affiches que nous avions préparé au lycée avec nos camarades de terminale ASSP 1. Il était très content du résultat et fier de nous.

Nous avons pris notre repas. Un villageois nous a invité chez lui pour boire le thé. Nous avons pu observer comment les sénégalais font le thé et nous avons goûté 3 sortes différentes de thé. En effet, la saveur très sucrée représentait l’amour, le non sucré symbolisait la mort et le troisième nous avons oublié… ;-)

 

Vendredi 6 Avril

 

Le matin, nous avons organisé une réunion avec Annie afin de discuter de nos fiches et pour cibler nos interventions.

Nous sommes ensuite allées à la maternité afin de voir si la sage-femme était disponible pour discuter de notre travail. Elle n’était pas disponible car elle avait beaucoup de patientes qui attendaient pour consulter. Annie nous a alors proposé d’aider l’infirmier à trier les médicaments que des touristes espagnols ont donné. Fatma et moi avons mis deux jours à répondre à cette tâche.

Afin de respecter le critère de l’économie, nous avons mis un gant chacune. On a eu du mal à respecter le critère de l’hygiène mais, on s’est adapté. Nous avons même lavé notre gant pour l’utiliser un jour de plus. On gaspillera moins le matériel et les produits en salle 15 : il faut apprendre le système de récupération. Nous avons d’abord vidé toutes les armoires et les étagères afin de vérifier les dates de péremption et de nettoyer les étagères. Pour finir, nous avons remis les médicaments en place en les rangeant par catégorie. Ce qui nous a le plus marqué lors de ce travail c’est le manque d’hygiène des locaux (poussières, toiles d’araignées...).

À 17h, après une nouvelle pause piscine, nous nous sommes rendues à la maternité, vêtues de nos tenues professionnelles Edmond Rostandiennes. Nous avions rendez-vous avec les ASH de la maternité afin de leur montrer et de leur expliquer les protocoles d’hygiène et de bio nettoyage des locaux. Nous avons d’abord observé leur façon de procéder puis nous leur avons montré la nôtre. Lorsque nous avons vu leurs techniques, nous avons été surprises car quand elles font le ménage elles nettoient seulement les surfaces visibles (elles ne poussent pas les lits et les meubles). Contrairement à nous, elles utilisent seulement de la javel comme produit de nettoyage car la maternité n’a pas les moyens financiers d’acheter tous les produits nécessaires au bio nettoyage.

Après l’effort, le réconfort. Le cuisinier nous a préparé des frites belges en guise d’apéro. Nous avons ensuite pris notre repas et terminer la soirée tranquillement.

 

Samedi 7 Avril 2018

 

La journée a été rythmée par l’attente du container qui n’arrivait toujours pas. En effet, de Marseille avait été chargé un container de deux tonnes de matériel et de produits pour la maternité, le poste de santé et le lycée du village. Même en étant parti avant nous, il n’était toujours pas là. Le stress commençait à monter.

Durant la matinée, nous avons fait le tour du petit marché du village pour repérer quelques petits souvenirs.

Nous avons passé notre après-midi à la piscine avec les professeurs. Ce fut un moment de partage convivial et relaxant.

À 17h, nous nous sommes rendues à la maternité car nous avions l’entretien avec la sage-femme, nommée Diarra. Avec elle, nous avons beaucoup discuter de notre projet. Elle nous a aidées à mieux cibler nos thèmes. Elle nous a conseillées sur le discours que l’on devait faire auprès des femmes enceintes et des futures mamans. Nous lui avons offert les affiches faites par notre lycée. Suite à cette réunion, nous avons décidé ensemble de faire une intervention sur l’allaitement.

À 18h30, nous nous sommes tous rendus au centre du village pour participer à la conférence avec le groupe militaire « Air Marine Protégé ». C’était très intéressant car nous avons parlé de La Mangrove (petit fleuve près de Toubacouta).

Nous avons fini tranquillement cette journée comme d’habitude : manger, repos et partage convivial.

 

Dimanche 8 Avril 2018

 

Nous nous sommes réveillés très tôt le matin pour visiter le marché à 20 minutes de Toubacouta, en pick up. Sur la route, c’était très sympa et très rigolo car nous étions à l’arrière du véhicule. Nous avons croisé pleins de singes !!! Le marché est 100% atypique par rapport aux marchés de La Plaine ou de Castellane. En effet, les stands étaient rangés sur des tapis au sol, des gens et des animaux comme des ânes, des chiens, des poules se promenaient à côté de nous. L'expérience était totalement surprenante. Fatma m’a dit : « - qu’au bled elle voyait toujours ça mais moi, j’étais vraiment déstabilisée. » Une autre professeure avait l’habitude de dire : « - voilà une complète immersion dans la vie de nos hôtes. » 

Nous étions partagés entre un sentiment de curiosité, de découverte et de retenue. Les marchands de produits alimentaires (viandes, poissons, fruits et légumes) se mêlaient aux vendeurs de vêtements et de souvenirs.

Par respect pour la population, nous n'avons pas pris de photos.

L’après-midi, comme d’habitude, du fait des fortes chaleurs, nous avons passé encore un moment à la piscine.

À 17h, nous avons travaillé sur notre conférence. Nous avons fait des recherches sur l’allaitement afin de mener à bien notre intervention du lendemain.

 

Avant dernier jour

 

A 9h, nous avons pris notre petit-déjeuner tranquillement avec toute l’équipe avant de nous rendre à la maternité pour voir la sage-femme. Nous étions stressées car c’était la première fois que l’on allait conseiller des mamans. Nous craignions que les mamans ne nous prennent pas au sérieux du fait de notre jeune âge. Mais au final, tout s’est très bien passé. On a réussi à casser la barrière de la langue avec l’aide de la sage-femme. Nous étions très satisfaites car il y a eu un véritable échange.

Après ce rude entretien oral (c’était l’objectif de notre projet), Annie nous a fait une très belle surprise. Elle nous a emmené à la crèche du village. Nous avons été très bien accueillies par les enfants. Ils nous ont chanté une chanson de bienvenue et ils nous ont montré ce qu’ils apprennent. Nous avons aussi dansé avec eux. Ce moment avec les enfants était rempli d’émotions vives et sincères. C’était excellent et c’était notre meilleur souvenir de ce voyage.

Les garçons nous ont rejoints puis nous sommes allés visiter le lycée du village. Il y a beaucoup de classes (de la 6e à la Terminale). Les élèves sont très accueillants, ouverts. Il y a quelques élèves qui nous ont reconnus car nous avions sympathisé avec eux dès notre arrivée au village. Ils se sont intéressés à nous et nous ont posé plein de questions « Quelle est la différence entre un enseignement professionnel et un enseignement général ? ». Cette question était très intéressante car, à Toubacouta, les élèves sont tous en enseignement général alors que nous étions tous en enseignement professionnel (ASSP, Logistique, Maintenance). Chacun de nous a expliqué le fonctionnement de son bac.

Après cette grosse matinée, nous sommes rentrés pour prendre notre repas et prendre des nouvelles du fameux container. Nous avions l’après-midi de libre jusqu’à 17h.

À 17h, nous avons rejoint l’équipe, pensant que le container était arrivé. Mais, il n’était toujours pas là et nous avons commencé à vraiment nous inquiéter. N’étant toujours pas arrivé, toute l’équipe était assez triste et tendue. Nous avons tous cherché des solutions jusqu’à ce que le professeur nous libère. Nous nous sommes alors dirigé vers notre chambre, tristes et déçues. Sur le chemin, nous avons rencontré des petits sénégalais qui sortaient de l’école. Nous avons sympathisé avec eux, fais plein de photos. Ils nous ont proposées de faire le tour du village. Nous avons accepté et nous avons fini la journée avec eux. C’était une fin de journée très agréable et ça nous a fait un peu oublier le gros retard du container.

 

Dernier jour

 

5H : RÉVEIL DES GARÇONS EN FANFARE. Ils ont tapé à notre porte comme des ours affamés pendant 10 minutes. Nous avons ouvert et ils nous ont retourné les lits. C’était vraiment très bon enfant pour un dernier réveil. Nous nous sommes préparés en vitesse car le container était enfin arrivé à 1h du matin.

À 6h, sans lumière, nous étions devant le container pour le vider. Tout le monde était très enthousiaste à l’idée de décharger ce fameux container. On en a entendu parler toute la semaine et il était enfin là !!! Au lieu de la matinée prévue pour la décharge, notre motivation a fait que nous l’avons vidé en 1h avec l’aide de quelques villageois. Il y avait toutes sortes de matériels. Nous étions super heureux d’avoir pu finaliser notre projet.

Vers les coups de 9h, tout était en place. Nous sommes alors partis rejoindre nos chambres afin de boucler nos valises et nous préparer pour le départ.

Nous avons pris notre repas à 12h avant de prendre la route pour Dakar.

Nous appréhendions tellement le retour (5h de minibus pas confortable) mais au final on a eu l’impression que le trajet était moins long qu’à l’aller.

Arrivés à l’aéroport de Dakar, une autre péripétie nous attendait. 4h d’attente dans un couloir sans banc, avant d’entrer dans la zone d’embarquement. C’était pour nous une occasion de parler des bons et des mauvais moments de chacun, des impressions et de ce l’on allait retenir de ce beau voyage.

Nous nous sommes un peu (beaucoup) assoupis sur les fauteuils d’un bar.

Vers 2h du matin, nous étions installés dans l’avion, très fatigués. Le vol s’est bien passé. Nous sommes arrivés à Casablanca. Nous, les filles, nous pensions qu’à une seule chose : passer chez Victoria’s secret. C’est un magasin de lingeries et cosmétiques connu mondialement mais qui n’est pas encore en France. Nous avions acheté des souvenirs et nous sommes vite partis pour prendre notre deuxième vol. Ce dernier s’est aussi très bien passé. On voyait enfin le bout de l’aventure (Marseille !!)

Arrivés à Marseille, nous étions tous excités à l’idée de retrouver nos proches. Le directeur de Saint-André (Philippe Amet) nous a accueilli et nous a félicité personnellement pour notre travail. Nous nous sommes tous fait la bise. On s’est tous pris dans les bras (même avec les familles). On s’est ensuite quitté tristement afin de retrouver nos vies respectives.

 

Mot de la fin

C’était une très belle expérience pour nous. On remercie nos professeurs, Madame Birèche et Madame Nolane, André & Annie, les professeurs accompagnateurs, Philippe Amet et toute l’équipe de nous avoir permis de vivre une telle aventure. Cette aventure nous a appris énormément de choses, que ce soit humainement ou professionnellement. On a eu l’occasion de découvrir de nouvelles cultures et de nouveaux modes de vie. On a réussi à s’intégrer dans une équipe rapidement. On tient à laisser un petit mot pour les 4 autres élèves avec qui nous avons partagé cette expérience. Nous avons appris à les connaître et nous avons partagé la majorité de notre temps avec eux. Nous avons réellement sympathisé et nous sommes toujours en contact. Nous avons de nouveaux amis.