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PORTRAITS DE PERSONNES ÂGEES - TASSP1

PORTRAITS DE PERSONNES ÂGEES - TASSP1

 

Madame Alvan par Hadidja Mdere

 

Madame Alvan est née le 14 septembre 1931. Elle a donc 86 ans.

 

Physiquement, Madame Alvan est assez petite (sa taille était dans les « standards » de son époque). Elle mesure 1 mètre 60. Son IMC est de corpulence dite « normale ». Elle a un visage rond, des yeux bleus et des cheveux blancs. Ses cheveux sont coupés très courts. Elle porte des lunettes et un dentier.

 

Quand je la regarde, Mme Alvan m'inspire le calme et la douceur. Elle parle de façon très lente afin de trouver les bons mots et de se faire comprendre correctement. Elle aime beaucoup parler du temps qu'il fait car elle s'intéresse beaucoup à la nature. Quand il fait soleil elle dit toujours qu'il serait temps qu'elle aille bronzer. Le matin, elle est toujours de bonne humeur. Elle est très reconnaissante envers les soignants. C'est très agréable de passer des moments avec elle car elle aime discuter et elle s'intéresse beaucoup à son interlocuteur.

 

Elle utilise un déambulateur à roues pour se déplacer car elle présente des troubles de la marche. C'est pour cela qu'un kinésithérapeute vient régulièrement pour la stimuler.

Madame Alvan n'a pas besoin d'aide pour se lever, se coucher, s'asseoir et se déplacer à l'intérieur et à l'extérieur. Elle a besoin d'une aide partielle pour la toilette, pour se vêtir et se dévêtir. Elle est très coquette et elle choisit ses vêtements seule. Elle a l'habitude de se maquiller un peu et de porter quelques bijoux. Elle choisit ses vêtements en fonction de ce qu'elle prévoit de faire pendant la journée et selon le temps qu'il fait. Par exemple, lors de ma PFMP, elle a souvent eu des rendez-vous chez le dentiste pour s'occuper de son dentier. Elle choisissait alors des vêtements qui faisaient plus habillés que d'autres pour sortir de la structure.

 

Elle porte des bas de contention. Vous avez déjà essayé d'en mettre ? Les bas de contention sont très difficiles à enfiler. J'ai fait cette tâche quasiment tous les jours lors de ma PFMP 6, c'est assez dur d'apprendre la technique pour les enfiler par les pieds, puis monter sur les chevilles, pour les faire glisser sur les mollets... Je m'y suis reprise à plusieurs fois, c'est sûr. Mais au final, j'ai pris l'habitude du geste approprié à sa technique de pose.

 

Madame a également besoin d'une aide partielle pour se servir sinon elle mange seule.

Elle aime le fromage, les fruits et les légumes. Elle n'apprécie pas trop les fruits de mer et la salade.

 

Madame Alvan prend tous les matins son petit-déjeuner en chambre. C'est le fonctionnement de la structure qui veut que chaque résident soit servi le matin en chambre afin de respecter les rythmes biologiques de chacun.

 

Son petit-déjeuner est composé d'un thé avec deux sucrettes, deux tartines de pain de mie avec du beurre et un jus de fruits. Elle est en régime normal, c'est-à-dire qu'elle ne mange pas les aliments mixés ou hachés.

 

Lorsqu'elle finit de prendre son premier repas de la journée, elle fait un peu de rangement dans sa chambre. Elle choisit ses vêtements tranquillement puis elle lit son journal ou elle tricote en attendant le passage du soignant.

 

Madame Alvan aime regarder la TV et elle aime lire aussi. Elle adore regarder l'émission « Des chiffres et des lettres » à la télévision car elle trouve que ça fait travailler le cerveau (ce qui est véridique). Elle aime bien écouter de la musique. Parfois, le matin, pendant les soins, elle demande au soignant de mettre un peu de musique pour mettre un petit peu d'ambiance et passer un bon moment. Quelque fois, elle se met à danser lorsqu'elle est de très bonne humeur et quand il y a du soleil. Elle adorait danser pendant sa jeunesse. Elle apprécie autant le tricot. Elle a déjà tricoté un grand nombre de pulls, de bonnets et des écharpes. En général, elle tricote pour ses enfants et son entourage mais beaucoup de soignants adorent ce qu'elle fait. Elle prend alors un malin plaisir à tricoter pour ses soignants préférés.

 

Elle a l'habitude d'aller aux animations proposées par la maison tous les jours à 15h30. Son animation préférée c'est le loto. Ce n'est pas une mauvaise joueuse mais elle s'implique beaucoup afin de gagner le plus de lots possible. Elle aime bien jouer à côté de ses copines de table (lors des repas) afin d'observer comment le jeu de chacune évolue et de se lancer quelques commentaires entre chaque nombre. Elle a de l'humour et elle est assez « taquine ».

 

Dès le début de mon stage, j'ai tout de suite eu un très bon contact avec Madame Alvan car elle adore communiquer. Elle est souriante et elle a énormément de choses à raconter.

 

Pendant sa jeunesse, Madame Alvan habitait à Marseille, dans le 8eme arrondissement. Elle était fleuriste pendant plus d'une vingtaine d'années. Elle a deux grands frères qui sont décédés pendant la 2nd guerre mondiale.

Elle a été mariée deux fois. Son premier mari était boulanger mais il est décédé. Elle a été veuve pendant un certain temps puis elle s'est remariée avec un homme qui exerçait la profession de peintre en carrosserie.

Elle a 3 enfants, 4 petits-enfants et 2 arrières petits-enfants.

Elle a été prise en charge par l'établissement il y a un an car elle n'aimait vraiment pas la solitude : elle vivait alors seule et ne supportait pas le fait de ne pas avoir de compagnie.

 

Elle m'a raconté que depuis qu'elle a été prise en charge en maison de retraite, elle se sent beaucoup mieux. Elle s'est faite quelques amies avec qui discuter et puis elle trouve que l'équipe soignante est assez sympathique et à l'écoute. Elle m'a dit que ses moments préférés de la journée sont la toilette du matin et le moment des repas. La toilette du matin lui permet de dire au soignant comment elle se sent, si elle a bien dormi, si elle a des douleurs, si elle a besoin de quelque chose en particulier...

Le moment des repas c'est plutôt pour discuter avec les autres résidents, de parler de tout et de rien tout en prenant des vitamines.

 

 

 

Interview de Madame Ségura Yvonne par Julie Marrale

“Je m'appelle Segura Yvonne , je suis née le 17/07/1940 et j'ai 78 ans. Je suis née au Maroc, à Casablanca. Dans notre famille nous sommes nombreux, j'ai 11 frères et sœurs.

Je suis un peu forte, brune aux cheveux courts avec des lunettes. J'ai les yeux marrons. Je ne suis ni grande, ni petite et j'ai la peau un petit peu mâte. J'aime porter des bijoux, mettre du parfum, être une femme tout simplement. Je préfère quand même les pantalons au robes ou jupes.

 

Dans ma jeunesse, j'ai passé un certificat d'étude général, cela s'appelait comme ça à mon époque. J'aimais beaucoup chanter, le sport mais aussi le cirque. Tricoter, c’est ce que je sais faire de mieux, j'adore les travaux manuels. Mais ma plus grande passion c'est ma famille et surtout mes enfants. Je les aime tellement. Ils travaillent tous et je suis fière d'eux, de ce qu'ils ont accompli dans leur vie, je les soutiendrais toujours. Pour tout vous dire, mon meilleur souvenir est la naissance de mes enfants.

J'ai travaillé en charcuterie et en pharmacie.

Je me suis mariée à 33 ans mais maintenant je suis veuve. J'ai bien aimé la façon dont j'ai rencontré mon mari ; on prenait le bus tous les jours ensemble sans se connaître jusqu'au jour où nous nous sommes parlés. Nous avons eu 4 enfants et aujourd'hui j'ai 11 petits-enfants et 13 arrières petits-enfants, une belle famille, n'est-ce pas ? Ils ne viennent pas souvent me voir mais ils m'appellent presque tous les jours pour avoir des nouvelles de moi. J'ai de la chance d'avoir une famille qui m'aime. Avec mes enfants, j'étais et je suis toujours, une mère assez cool, je n'étais pas sur le dos de mes enfants. Non, je leur laissais le choix mais je n'aimais pas du tout qu'ils trainent dans la rue. On peut dire que je suis une mère protectrice.

 

J'ai vécu la guerre quand j'étais petite : les avions qui passaient au-dessus de nous, les cris, les pleurs, les coups de feu, il y a des images qu'on ne peut pas effacer... Marseille avant je la trouvais sale notre ville.

J'ai voyagé en Espagne, à Paris, Limoges. Mais j'ai très peu voyagé car je suis plutôt casanière. J'aime rester dans mon petit monde, ne pas aller trop loin. Comme ici, en maison de retraite, je reste dans ma chambre, je ne sors plus depuis quelque mois et je le vis bien, je suis mieux comme ça.

 

J'adore le surnaturel, la science-fiction que ça soit en film ou en livre. Mais aussi les romans romantiques et les documentaires. La musique ? Très peu pour moi.

Je ne suis pas parfaite, j'ai mes qualités et mes défauts. Par exemple, on me dit souvent que je suis une bonne cuisinière, je suis gentille et je m'adapte à tout. En revanche, je suis coléreuse et assez susceptible.

L'amour ? C'est aimer une personne, partager des moments merveilleux à deux, c'est la passion tout simplement.

L'amitié ? Selon moi, c'est quand on estime beaucoup quelqu'un, qu'on a confiance en elle, un lien fort qui se crée.

Les aides soignant(e)s sont très gentil(le)s, à l'écoute, je ne peux rien leur reprocher.

Si j'avais un conseil à donner aux jeunes ? De bien travailler à l'école, avoir un bon métier et aimer ce qu'on fait. Mais surtout soyez-vous même, aimez votre prochain !”

 

Madame Ségura aime beaucoup tricoter des animaux.

On peut voir aussi que tout ce qu'elle tricote est toujours plein de couleurs. En effet, elle adore tout ce qui est coloré, elle mixe, mélange et accorde différentes couleurs ensemble pour un résultant plus vivant, très gai.

La petite boite bleue est réalisée avec un support assez orignal : un fond de bouteille en plastique. Il fallait y penser !

Tout ce qu'elle connait, pense, voit, Madame Ségura le tricote, c'est sa passion.

 

 

 

 

 

 

 

Portrait de Monsieur Luppino par Magali Rabayrol

 

Monsieur Luppino Jacques est né le 10 mars 1944 en Tunisie.

Il a vécu jusqu’à ses 13 ans dans ce pays du Maghreb puis il est venu vivre à Marseille, plus exactement dans le 14ème arrondissement de notre ville. Il a fait 3 collèges dans sa vie et a redoublé deux fois sa 3ème ! Il pensait qu’il n’allait jamais réussir à passer au lycée.

En sortant du collège, il a fait une formation pour devenir secrétaire. Formation qui a duré 9 mois puis il a intégré un hôpital à Marseille en tant qu’agent administratif. Quatre ans après son embauche il s’est marié avec une infirmière de l’hôpital, ils ont eu deux filles.

Monsieur Luppino et sa femme ont acheté un appartement juste en haut de celui de ses parents pour se rapprocher de son père, très malade.

Ce qui l’aime le plus, Monsieur Lupino, c’est jardiner, faire des sorties. Il avait pour habitude de promener ses filles dans des parcs, ou même au bord de la mer. Mais pas longtemps, car après il fallait qu’il aide sa femme. Pas durant la semaine car il rentrait tard mais le weekend, il aidait beaucoup sa femme dans l’entretien de la maison.

Avec sa femme, ils aimaient beaucoup voyager. Ainsi, ils ont visité l’Espagne, l’Italie et Paris. Mais son plus grand voyage a été de passer une semaine dans les Iles Caraïbes. Son souvenir de voyage, c’est quand il est parti à Tallard (une commune française située dans le département des Hautes-Alpes) rejoindre son grand cousin pendant le weekend du 11 au13 octobre 2011. Ils étaient très proches quand ils étaient jeunes puis son cousin et sa famille ont déménagé et ils ne s’étaient plus revus depuis.

Monsieur Luppino a vécu un seul et grand Amour : celui de sa femme et lui il n’en a pas connu d’autre après leur rupture. Et oui, ça n’a duré que 20 ans ! Ils ont divorcé car ils ne s’entendaient plus (il dit même que « c’était invivable »). Après qu’il ait laissé l’appartement à son ex-épouse. Monsieur Luppino a trouvé un appartement dans les quartiers nord. Il voyait alors ses deux filles tous les weekends.

Il avait un meilleur ami depuis sa jeunesse qui est décédé en 2015 d’un accident de la route (il a affirmé « - La mort n’arrête pas l’amour, je le porte toujours dans mon cœur. »)

Monsieur Luppino m’a dit « qu’il n’y a pas plus beau que l‘amour et la famille dans la vie, c’est vraiment le principal » pour lui.

Quand il était jeune, dans les années 90, il s’est pris de passion pour la musique : il aimait tellement qu’il en écoutait toute la journée. Encore aujourd’hui, Monsieur Luppino a un poste dans sa chambre avec tous ses cd favoris et toute la matinée, il les écoute. Il aime aussi le jardinage et les animaux. Il a toujours voulu avoir un chien pour lui tenir compagnie mais il dit que « c’est une contrainte, un animal domestique donc il s’est toujours privé ».

C’est un homme autonome, il se lave seul, mange seul. Ses filles viennent souvent lui rendre visite. (Il n’a aucune pathologie à part que c’est un homme très nerveux, il dit « que la cigarette le calme »).

Monsieur Luppino se lève très tôt. Ainsi, quand je commence ma journée à 7h30, il s’est déjà lavé, rasé, parfumé…

Il a toujours eu l’habitude de se raser tous les jours. Il aime se couper les cheveux souvent. C’est aussi un très gros fumeur qui a l’habitude de dire « - je fume pour passer le temps ») : du coup, le personnel de l’établissement essaie de lui proposer des activités ou de lui proposer de se promener dans la résidence pour éviter l’ennui.

Monsieur Luppino est une personne de taille moyenne (1m 68) toujours vêtu d’une chemise, il a des yeux ronds et marron. Il n’a plus de dents et ne veux pas de dentier car il dit que « c’est pour les personnes âgés ». C’est un homme très agréable et sociable. Il s’entend bien avec tous les employés et les résidents de la maison de retraite.

 

Portrait de Juliette Maffeï par Charlotte Guerry

 

Madame Juliette Maffeï est née le 14 mai 1930 à la Bouilladisse. Elle a deux sœurs, L'une d'elle est décédée la veille de noël 2016. Cette dame est aveugle depuis l’âge de 7 ans. Elle n’a pas fait d’études car elle habitait à la campagne et sa mère vivant seule avec ses enfants n’avait pas assez de revenus pour leur payer l’école. Elle y est quand même allée jusqu’à l’âge de ses 6 ans. Madame n’est pas mariée, elle n’a pas eu d’enfant car elle ne sortait jamais de chez elle et n’a jamais voulu fréquenter. Elle aime beaucoup le tricot, elle passe beaucoup de temps dans sa chambre à créer des dessus de lit. Elle a voyagé à Vienne, en Espagne à Cantabrie. Elle aurait voulu être musicienne car elle aime beaucoup l’Opéra. Elle affectionne les chansons d’amour, sa chanteuse préférée est Edith Piaf. Madame Maffeï termine toujours sa toilette le matin en se parfumant, et porte toujours des robes de couleurs. Elle se prépare quasiment seule, et a juste besoin d’une aide-soignante pour pouvoir l’aider à faire son lit. C’est une personne très sociable qui a le cœur sur la main. Pour la décrire je dirai qu’elle est de taille moyenne (1m 60), qu’elle est un peu ronde, qu’elle porte chaque jour des robes et son petit sac à main, et qu'elle veille toujours à être bien coiffée.

 

Portrait d'Eric Michel par Charlotte Guerry

 

Monsieur Eric Michel est né le 5 décembre 1946. Il a toujours vécu à Toulon. Il a fait des études de mathématiques. Il a exercé plusieurs métiers tels que géomètre, monteur câbleur, ouvrier agricole et même professeur de sciences en lycée. Il a beaucoup voyagé durant sa jeunesse, mais la ville qu'il a préférée est Marrakech. Monsieur a une fille qu’il a eu très tard, un enfant qu’il n’avait pas vraiment désiré car il ne s’entendait pas avec sa compagne. Selon lui, ils ont fait les choses trop précipitamment. Cependant, il ne regrette pas d’avoir pris la décision de la garder. Cet homme très gentil se sent parfois très seul à la maison de retraite. Il a besoin de voir sa fille car c’est la seule personne qu'il lui reste mais. Elle n’a pas beaucoup de temps à lui consacrer car elle fait encore des études… Il a pour habitude d’aller chaque mercredi au kiosque à journaux pour chercher son journal préféré, le Canard Enchaîné. Son meilleur souvenir reste les années qu'il a passé auprès de sa femme, il l’aimait, il l’aidait au quotidien et faisait toujours la cuisine pour elle. Le meilleur conseil qu’il pourrait donner à une jeune fille au lycée serait qu’elle essaie d’aller le plus loin possible dans ses études et qu’elle trouve un travail intéressant. Pour décrire monsieur je dirai qu’il est grand, très mince et porte toujours des chemises. C’est une personne souvent triste qui aime se changer les idées en allant au bar, au kiosque à journaux, marcher…

 

 

 

Portrait de Jane Delahaï par Charlotte Guerry

 

Madame Jane Delahaï a 94 ans. Elle est née en 1923 à Saint Rémi de Provence. Elle a fait des études à Miramas, elle a passé le Certificat d’études. Durant sa vie elle a pu faire de la sténographie et avait l‘intention de rentrer dans les PTT (postes, télégraphes, téléphones) mais il y a eu un contre temps dans sa famille. Du coup, elle a travaillé dans un bureau en tant que secrétaire à Salon de Provence avant de se marier Elle a toujours voulu être chimiste mais elle ne pensait pas être à la hauteur. Après s’être mariée, son mari n’a plus voulu qu’elle travaille. Son mari ne l’aidait pas tellement à la maison… Avec lui, elle a eu 3 enfants. Elle voulait qu’ils soient libres de faire ce qu’ils avaient envie. Sa fille l’aînée qui a maintenant 70 ans a fait de la psychologie, elle s’est mariée et a travaillé dans le dépistage de l’épilepsie à l’hôpital Gastaut. Son fils, durant sa première année de faculté, a eu un accident de voiture qui a brisé sa carrière de professeur de mathématiques. Il s’est finalement tourné vers l’électricité avant de finir sa carrière dans la bureautique. Son troisième enfant, son fils de 23 ans, est décédé d’une rupture d‘anévrisme cérébral alors qu’il était à un mariage comme témoin. L'accident s'est produit alors qu'il se penchait pour signer le registre de mariage :  il ne voyait plus rien... Il a donc été transporté à la Timone, où il est décédé 48 heures plus tard. Madame Delahai répète que son plus beau souvenir est qu’elle a eu la chance d’avoir vécu avec un mari 71 années. Ils se sont mariés le 21 novembre 1944 et Monsieur est mort en 2016. Elle a une toute autre vision de l’amour maintenant, elle raconte que les jeunes d'aujourd’hui quand il y a désaccord sur un sujet la discussion n’aboutit pas. Elle trouve cela dommage. Madame aimait bien se disputer avec son mari, se réconcilier, « renouveler la passion qu’il y avait entre eux ». Pour elle l’amour s’est « quelque chose qui se cultive comme un jardin, il faut un entretien permanent, l'arroser, l'entretenir… » Cette dame, quand elle était jeune, aimait les romans, le piano, la musique classique mais détestait les films western. Elle n’a pas vraiment voyagé a part pour rejoindre la famille de son mari au Havre. Madame a eu de la chance, dit-elle, elle a été engagée avec des groupes de femmes en action catholique. Ce qui lui a permis de connaître toutes ses amies avec lesquelles elle est encore en contact aujourd'hui. Elle se rappelle lors des obsèques de son fils, que l’amitié l’a aidée à vivre ce moment si douloureux (qu’elle ne souhaite à personne), d’une manière paisible car elles l’ont soutenue par des petites attentions, des petits mots… Pour finir, elle a souhaité me faire part de sa vision sur le monde actuel, « le monde actuel me fait peur car ça va trop vite, les mentalités ont beaucoup changé, les sentiments n’ont plus de valeur alors qu’avant on donnait beaucoup plus d’importance à l’amitié, à l’amour, à la fidélité, au respect de l’autre, à la compréhension… Maintenant les gens n’ont plus le temps, leur vie c’est comme un TGV qui déraille souvent… » Elle conseille aux jeunes de vivre le jour présent, et de ne pas vivre en étant égoïste, « en aidant les autres, on reçoit le bien ». Pour décrire Madame, je dirai qu’elle est petite, avec des lunettes et toujours bien coiffée car comme elle répète souvent « elle veut plaire à son mari, qui la regarde. »